Décennale, biennale, dommages-ouvrage : les garanties de votre chantier
Les quatre garanties d'un chantier, leur durée, leur point de départ et la façon de les faire jouer.
Les quatre garanties d'un chantier, leur durée, leur point de départ et la façon de les faire jouer.

Quatre protections encadrent un chantier de rénovation, et toutes partent de la même date : la réception des travaux. La garantie de parfait achèvement couvre un an, la garantie de bon fonctionnement deux ans, la garantie décennale dix ans. À côté de ces trois garanties dues par l’entreprise, l’assurance dommages-ouvrage est souscrite par le maître d’ouvrage et sert à être indemnisé vite, sans attendre qu’un responsable soit désigné. Voici ce que chacune couvre et comment la faire jouer.
| Garantie | Durée à compter de la réception | Ce qu’elle couvre |
|---|---|---|
| Parfait achèvement | 1 an | Tous les désordres réservés ou signalés dans l’année |
| Bon fonctionnement | 2 ans | Les équipements dissociables du bâti |
| Décennale | 10 ans | Solidité de l’ouvrage et impropriété à destination |
| Dommages-ouvrage | 9 ans, à partir de la fin de la 1re année | Préfinancement des désordres de nature décennale |
La réception des travaux est l’acte par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter l’ouvrage, avec ou sans réserves. C’est un moment juridique, pas une formalité : il fait courir simultanément les trois garanties légales et transfère la garde de l’ouvrage.
Deux conséquences pratiques. D’abord, la réception se formalise par écrit, avec un procès-verbal daté et signé : sans ce document, le point de départ des garanties devient discutable. Ensuite, tout ce que vous constatez ce jour-là doit être consigné en réserves. Une réception signée sans réserve, alors que des finitions restent à reprendre, complique la suite.
La garantie de parfait achèvement oblige l’entreprise à reprendre, pendant un an à compter de la réception, l’ensemble des désordres signalés : ceux consignés en réserves le jour de la réception, et ceux qui apparaissent ensuite au cours de l’année.
C’est la garantie la plus large en périmètre : elle ne se limite pas aux désordres graves. Une porte qui frotte, un joint qui se fissure, une reprise de peinture mal exécutée en relèvent. L’entreprise ne peut pas invoquer l’usure normale pour s’y soustraire. La demande se formule par lettre recommandée avec accusé de réception, en décrivant précisément les désordres.
La garantie de bon fonctionnement, souvent appelée biennale, couvre pendant deux ans les éléments d’équipement dissociables du bâti, c’est-à-dire ceux que l’on peut déposer sans détériorer l’ouvrage.
Entrent typiquement dans cette catégorie un chauffe-eau, un radiateur, une VMC, un volet ou une robinetterie. Un équipement incorporé au bâti, comme une canalisation encastrée ou un plancher chauffant noyé dans la chape, relève en revanche de la décennale lorsqu’il rend le logement impropre à sa destination. La procédure est la même : courrier recommandé décrivant le défaut et fixant un délai d’intervention.
La garantie décennale couvre pendant dix ans les désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination, y compris ceux affectant les équipements indissociables du bâti.
C’est la garantie la plus sérieuse, et celle qui concerne directement les travaux structurels d’une rénovation : ouverture d’un mur porteur, reprise de plancher, étanchéité d’une pièce d’eau, réseaux encastrés. Une infiltration répétée chez le voisin du dessous ou un plancher qui bouge après une ouverture relèvent typiquement de ce régime.
Elle est obligatoire pour les entreprises intervenant sur ces ouvrages. C’est pour cette raison que l’attestation d’assurance se demande avant la signature, et qu’elle doit mentionner les activités réellement exercées sur votre chantier, point détaillé dans notre article sur comment choisir une entreprise de rénovation.
L’assurance dommages-ouvrage est souscrite par le maître d’ouvrage, c’est-à-dire par vous, avant l’ouverture du chantier. Elle ne désigne pas de responsable : elle préfinance les réparations des désordres de nature décennale, à charge pour l’assureur de se retourner ensuite contre qui de droit.
Son fonctionnement suit un calendrier précis. Elle prend effet un an après la réception, à l’expiration de la garantie de parfait achèvement, et couvre les neuf années restantes. La déclaration de sinistre se fait dans un délai minimal de cinq jours ouvrés, l’assureur dispose de soixante jours pour se prononcer après expertise et de quatre-vingt-dix jours au plus pour formuler une offre d’indemnisation, versée dans les quinze jours suivant son acceptation. Aucune franchise ne s’applique.
Elle l’est pour le maître d’ouvrage, et son absence constitue un délit passible de six mois d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. Les personnes physiques qui font construire pour elles-mêmes échappent à cette sanction pénale, ce qui explique qu’elle soit fréquemment omise sur les chantiers de particuliers.
Ne pas la souscrire reste toutefois un pari. En cas de désordre grave, vous devrez établir la responsabilité de l’entreprise et attendre l’issue de la procédure avant d’être indemnisé. Et si vous revendez dans les dix ans, l’acquéreur ou son notaire vous la demandera.
La procédure est la même pour les trois garanties légales, et sa rigueur conditionne son efficacité :
Le délai est à surveiller : une action engagée après l’expiration de la garantie n’est plus recevable, quelle que soit la gravité du désordre.
Trois catégories restent hors périmètre. L’usure normale d’abord, au-delà de la première année. Le défaut d’entretien ensuite : une VMC jamais nettoyée ou un joint jamais repris ne relèvent pas de la garantie. Enfin les modifications postérieures que vous réalisez vous-même ou faites réaliser par un tiers.
Autre point souvent mal compris : les travaux que vous exécutez vous-même ne bénéficient d’aucune garantie et engagent votre propre responsabilité, notamment vis-à-vis des voisins en copropriété.
Puisque tout part de la réception, cette étape mérite d’être préparée. Une visite préalable quelques jours avant permet d’établir la liste des reprises, que l’entreprise traite avant le jour J ou qui sont consignées en réserves.
Le jour de la réception, contrôlez les finitions, l’alignement des menuiseries, le fonctionnement des équipements, l’écoulement des évacuations et l’état des parties communes. C’est précisément le rôle d’un pilotage professionnel, détaillé dans notre article sur le suivi de chantier.
Avant le démarrage, nous vérifions les attestations d’assurance de chaque intervenant et contrôlons que les activités couvertes correspondent aux lots confiés. Ces documents vous sont remis avec le chiffrage.
À la fin du chantier, la réception est organisée avec un procès-verbal en bonne et due forme et un suivi de la levée des réserves. C’est une part du travail d’une entreprise de rénovation à Paris qui pilote ses chantiers, détaillée sur notre page rénovation clé en main à Paris et illustrée par nos réalisations.
Dix ans à compter de la réception des travaux. Elle couvre les désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, y compris ceux affectant les équipements indissociables du bâti. Elle est obligatoire pour les entreprises intervenant sur ces ouvrages.
La décennale est souscrite par l’entreprise et engage sa responsabilité. La dommages-ouvrage est souscrite par le maître d’ouvrage avant l’ouverture du chantier et sert à préfinancer les réparations sans attendre qu’un responsable soit désigné. L’assureur se retourne ensuite contre qui de droit.
Toutes partent de la réception des travaux : un an pour le parfait achèvement, deux ans pour le bon fonctionnement, dix ans pour la décennale. La dommages-ouvrage prend effet un an après la réception et couvre les neuf années suivantes. D’où l’importance d’un procès-verbal de réception daté et signé.
Les éléments d’équipement dissociables du bâti, c’est-à-dire ceux que l’on peut déposer sans détériorer l’ouvrage : chauffe-eau, radiateur, VMC, volet, robinetterie. Elle s’applique pendant deux ans à compter de la réception. Les équipements incorporés au bâti relèvent de la décennale.
Elle est obligatoire pour le maître d’ouvrage, et son absence constitue un délit passible de six mois d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende, les particuliers construisant pour eux-mêmes échappant à cette sanction. Sans elle, l’indemnisation suppose d’établir la responsabilité de l’entreprise, et l’acquéreur la réclamera en cas de revente dans les dix ans.
Documentez le désordre par des photos datées, écrivez à l’entreprise par lettre recommandée avec accusé de réception en fixant un délai d’intervention, informez l’assureur lorsque le désordre relève de la décennale, et conservez l’ensemble des documents. En l’absence de réponse, le tribunal judiciaire peut être saisi.
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